Selon une étude réalisée en 2011 par l’Institut
National de Veille Sanitaire, 90 % de la population possède des traces de
pesticides organophosphorés dans le sang, l’urine et les cheveux. A haute dose,
ces agents toxiques présentent un danger pour les cellules nerveuses, induisant
des troubles neurologiques et des troubles du comportement pouvant conduire à
la mort.
Malheureusement, trop peu d’informations sont
délivrées au sujet des pesticides et autres produits utilisés dans
l’agriculture de masse, altérant les qualités nutritionnelles des aliments et
constituant d’importants risques pour la santé et l’environnement. Avec la
diversité des productions et le foisonnement du commerce, nous ne nous étonnons
plus de trouver des fruits et légumes des quatre saisons dans les supermarchés
ainsi que des produits importés, cultivés sous serre ou modifiés.
N’est-il pas
dangereux de consommer des fruits et des légumes traités avec des produits
chimiques ?
Quelle quantité de pesticide contiennent-ils exactement et
quels sont les effets connus sur la santé ?
Une concentration de pesticides, méconnue du public
Pour que les vitamines jouent un rôle visible dans
notre organisme, nous devons en absorber une certaine quantité. Les
nutritionnistes recommandent de consommer 5 fruits et légumes par jours en
partant du principe qu’une portion pèse environ 80 grammes. Ainsi, multiplié
par cinq, cette ration donne un total avoisinant les 400 grammes, dose à partir
de laquelle les bénéfices sont visibles. Cependant, la présence de pesticide
altère considérablement les qualités nutritionnelles des aliments tandis que
les produits toxiques abîment notre organisme. Il faut donc rester vigilant.
La France utilise 75000 tonnes de pesticides par
an. Il en existe de nombreux types adaptés à toutes les nuisances naturelles
rencontrées par les agriculteurs, avec notamment les insecticides organochlorés
et organophosphorés, les fongicides, les désherbants et bien d’autres
susceptibles d’être cancérigènes ou néfaste pour l’action des cellules
nerveuses.
En Espagne et au Maroc, l’utilisation de pesticides
est particulièrement élevée. Depuis le 1er septembre 2008, des
règles ont été mises en place au sein de l’Union Européenne, afin d’harmoniser
le taux de concentration de pesticides dans les productions. Malheureusement,
cette mesure d’unification pourrait pénaliser les consommateurs de pays où leur
utilisation restait moins active. Ainsi, en France, la Limite Maximale en
résidus autorisée de fénoxycarbe, un insecticide présent dans le traitement des
agrumes, cancérigène et perturbateurs endocrinien, passe de 0,0500
mg/kg autorisé à 2 mg/kg.
Au fil des années, on observe ainsi une augmentation
non négligeable des résidus de pesticides dans les aliments : de 2006 à
2008 le pourcentage de fruits et légumes touchés est grimpé de 45 % à 52 %. Et
les céréales ne sont pas en reste avec une hausse d’environ 8 %.
Selon une étude de l’Agence Européenne pour la
Sécurité Alimentaire (AESA), publiée en 2010, les fruits et les légumes
consommés en Europe comporteraient des résidus de 365 pesticides différents
tandis que les céréales en contiendraient 76. De nombreux scientifiques
dénoncent les effets redoutables de l’accumulation et du mélange de ces agents
toxiques dans l’organisme. Ainsi, une personne consommant quotidiennement
environ 12 fruits et légumes, parmi les plus contaminés, pourrait avaler
jusqu’à 10 pesticides différents.
Il faut également mentionner l’étude réalisée en
2005 par l’Institut National de la Consommation (INC), stipulant que sur 150
produits des quatre saisons, 55 % ne contiendraient pas de résidus, 39 %
possèderaient des teneurs inférieures ou égales aux limites autorisés tandis
que 6 % les dépasseraient. Plus alarmant, certains produits comporteraient
jusqu’à 8 résidus différents de pesticides dont l’utilisation est interdite
depuis plusieurs années.
Une ONG basée à Washington, l’Environnemental
Working Group (EWG), a établit un classement des fruits et légumes les plus et
les moins pollués :
| Les 12 fruits
et légumes les plus pollués : - les pêches - les pommes - les poivrons - le céleri - les nectarines - les fraises - les cerises - le chou frisé - la laitue - les raisins - les carottes - les poires |
Les 15 fruits
et légumes les moins contaminés
- les oignons
-les avocats - le maïs doux - l'ananas - les mangues - les asperges - les petits pois - les kiwis - les choux - les aubergines - les papayes - la pastèque - les brocolis - les tomates - les patates douces |
Les bananes figurent également en haut de la liste
des aliments les plus touchés par ce phénomène. En effet, cueillies avant leur
maturité, elles sont généralement arrosées de pesticides durant leur transport
afin de mûrir plus vite. Dans son article, Consoglobe donne quelques précisions
au sujet de la culture de ce fruit : Une banane vraiment bio pourbientôt ?
Le bio est-il vraiment meilleur pour la santé ?
D’après une étude réalisée par
l’association Générations Futures, les fruits et les légumes biologiques
contiendraient 223 fois moins de résidus de pesticides que les autres, non
bios.
La différence de prix entre les produits
biologiques et les produits conventionnels diminue de plus en plus. Il est
possible de réaliser des économies en achetant les légumes et les céréales au
kilogramme, chez des enseignes telles que Le Grand Marché Bio ou Biocoop. De
plus, de petits producteurs locaux vendent généralement une partie de leur
production aux particuliers via des associations, pour une somme pas plus
élevée que celle de la grande distribution : renseignez-vous.
Comme le montre la photographie, les fruits et les
légumes bios ont une figure plus modestes parce qu’ils sont indéniablement plus
proches de leur état naturel que les autres. De forme irrégulière, asymétrique
voire plus ternes, ces aliments naturels réservent de savoureuses surprises et
ne trompent pas leur apparence. Si les pommes sont, par exemple, plus petites
et que leurs contours sont moins réguliers, leur chair est nettement plus
savoureuse et plus fruitée qu’une pomme achetée au plus haut prix dans un
supermarché, ayant néanmoins un goût uniforme ou fade. Sur le plan
nutritionnels, les fruits et les légumes bios concentrent davantage les
vitamines tandis que les autres sont surtout gorgés d’eau.
Quelques précautions :
Si vous préférez acheter vos fruits et vos légumes
dans les supermarchés ou des endroits non garantis, observez quelques gestes
simples. La concentration de pesticides varie selon la texture de la chair et
l’épaisseur de la peau des fruits et des légumes. Le rinçage seul n’élimine
véritablement pas les traces de pesticides. Il est donc conseillé de laisser
tremper les fruits et les légumes au moins 15 secondes une l’eau où vous aurez
dilué un peu de bicarbonate de soude. L’épluchage, en revanche, permet de
réduire fortement les risques, mais la chair de l’aliment demeure tout de même
contaminée.


Oh super, tu es de retour avec un très bel article !
RépondreSupprimerJe consomme toujours des fruits et légumes de saison et bio. Je fais toujours très attention à ce que j'achète.. Même si tout pousse sur une planète polluée, j'aime autant manger des fruits avec un minimum de cochoncetés, même si il y en aura toujours peut-être un peu.
Et puis ils sont meilleurs au goût je trouve !
Je m'en vais de ce pas te lire sur beauté-ecolo.
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour ton petit mot. :-)
RépondreSupprimerJe ne comprends pas les détracteurs du bio car les fruits et les légumes (et même les produits en général ) sont vraiment meilleur aux goût, en effet. Déjà que l'on ne connait plus la véritable saveur des aliments que l'on consomme, habitués aux arômes et autres exhausteurs artificiels...
On aimerai tous consommer des fruits et légumes bio, mais quand on a une famille à nourrir, on a pas forcément le budget !! Il y d'autres priorités malheureusement.. Il faudrait que les prix du bio diminuent un peu parce que parfois je trouve ça vraiment excessif. En attendant je vais continuer à consommer des légumes gorgés de pesticides...
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