22.6.12

Pause culture : Les longs cheveux dans la peinture

..... Si dans la mythologie les longs cheveux incarnent la force chez les hommes, notamment avec l’histoire de Samson, la chevelure apporte féminité et séduction aux les femmes, ainsi que le montrent Vénus, Aphrodite ou Ariane. La représentation des coiffures dans l’Art témoigne particulièrement du statut de la femme au sein de la société. Mariée, ses droits se confondent toujours avec ceux de son époux au XIXème siècle, et pourtant les peintures romantiques et impressionnistes amorcent un mouvement idéologique important en livrant une vision plus sensuelle et plus naturelle, qui va de pair avec une émancipation nouvelle. Avec son roman Delphine, mettant en scène la condition des femmes, puis Corine ou l'Allemagne, Madame de Staël s'impose parmi les précurseurs de cette évolution.

..... Le moment de la toilette exerce une certaine fascination sur de nombreux écrivains comme Gustave Flaubert (particulièrement dans L’Education Sentimentale) tandis que les cheveux ne figurent jamais tels une parure négligeable. Dans l’œuvre de Flaubert, Madame Arnoux offre une longue mèche à son bien-aimé Frédéric en guise d’adieu, Guy de Maupassant exalte la beauté d’une longue natte dans une courte nouvelle, les cheveux d'Esméralda dans Notre Dame de Paris de Victor Hugo suggèrent son caractère indomptable, tandis que Baudelaire crée des vers en l’honneur d’une fascinante chevelure. 

..... Touchés par cette exaltation de la sensualité, des peintres illustrent à leur tour l’intimité de la femme en immortalisant de nombreuses scènes de bains et de coiffures tandis que d’autres parent leurs héroïnes d’une onirique chevelure laissée libre. En voici un échantillon non exhaustif, à compléter au fil du temps et des découvertes. 



Frederic Leighton, The fisherman and the sirene, 1856 

Auguste Renoir, La Natte, 1887 

Edgar Degas, Femme peignant ses cheveux 

William Bouguereau, La Vague, 1896


John W. Waterhouse, Mariana in the south, 1897

En connaissez-vous d'autres ?

4 commentaires:

  1. C'est vrai qu'on voit beaucoup de femmes aux longs (et surtout très longs) cheveux dans la peinture, tu en avais mis quelques-uns dans un ancien article, qui parlait de la chevelure comme symbole de féminité depuis toujours.

    Tu parles de Baudelaire, j'ai justement vu ces poèmes il y a peu en cours ! "La chevelure" qui est en vers, et "Un hémisphère dans une chevelure", en prose.

    C'est intéressant cette petite pause culture :)

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  2. Elle est intéressante cette pause culture, alors je me suis prise au jeu et j'espère que vous ne connaissez pas ces tableaux : Pour commencer, il y a "La Baigneuse Assise" de Renoir (il a peint beaucoup de femmes aux longues chevelures), Alexandre Cabanel a quant à lui peint "La Fille de Jephthah" en 1879 et Pour finir, Chatran Théobald : "La Naissance de Vénus" (1898 si la date est exacte).
    Une toute petite dernière précision (si je peux me le permettre : ) Vous avez évoqué Samson dans vôtre article, mais dans le récit biblique, les hommes qui ne se coupaient jamais les cheveux étaient les Naziréens (Samson en faisait parti). Cette longue chevelure symbolisait les relations étroites que ces hommes avaient avec Dieu. Samson avait trouvé faveur aux yeux de Dieu et c'est pour cette raison qu'il avait cette force hors du commun et que Dieu avait donné autant de vigueur à Samson ; s'il venait à se couper les cheveux, il perdrait ce "pouvoir". N'oublions pas qu'en tout premier lieu, sa longue crinière était une distinction sociale.
    J'avoue, pour le savoir il faut vraiment creuser dans la Bible pour le comprendre et c'est vrai aussi que cette force surhumaine et la longue toison de Samson sont les deux seuls éléments que l'ont retient de ce récit. Comme vous nous faites partager vos connaissances (et qu'en plus vous nous demandez notre avis ^^) J'espère que ces quelques petites informations vous intéresserons.
    Quant à votre blog, il est vraiment très intéressants, les données sont précises et vous êtes à féliciter pour ce travail que vous lui accordez. Merci pour tout ces bons articles et je vous souhaite de passer une bonne soirée !

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  3. Le poème "La chevelure" de Beaudelaire est une ôde à l'amour et son sens premier est bien de parler des cheveux de sa maîtresse en revanche il a un double sens qui lui, évoque une toute autre toison. C'est une lectrice de mon blog qui m'en a fait la judicieuse remarque sur un de mes articles consacré à ce poème justement !
    Sinon, on peut citer Alphonse MUCHA et Gustave KLIMT qui figurent parmi mes peintres préférés et qui stylisaient les chevelures de leurs modèles jusqu'à en faire de véritables parures naturelles.

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  4. Merci pour ces commentaires des plus instructifs. J'aimerais justement prendre le temps (et la peine) d'écrire fréquemment des articles plus travaillés, orientés vers l'art et la littérature, que je trouve indissociables de notre existence. Ou peut-être créerais-je un autre espace...

    Merci d'avoir mentionné La Fille de Jephthah de Cabanel. J'avais justement songé à ce peintre, notamment connu pour son Ophelia et sa Naissance de Vénus, et je découvre cette œuvre avec intérêt. Un rapport indissociable se tisse entre l'Art et tous les domaines. Plus que jamais, il aurait fallut mettre en exergue le lien étroit entre l'Art, l'histoire, la théologie et l'étude des religions. Les précisions que vous apportez sont des plus utiles et c'est justement grâce au secours de vos connaissances que je peux espérer en apprendre davantage puisque les miennes sont assez réduites dans ce domaine, chose que j'aimerais corriger.

    Merci également pour cet éclaircissement au sujet de "La chevelure". J'ignorais cette subtilité.

    Je crois qu'un prochain article ne sera pas de refus. :-)

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